On parle argent ?

On parle argent ?


La question monétaire n’a en aucun cas à être une question taboue . Elle est bien évidemment normale, nécessaire, dans le cadre d’une démarche de recrutement. Il convient cependant de la préparer, comme tous les autres aspects de la relation, et de savoir l’aborder de la bonne manière et au bon moment.
 

Les « prétentions » que l’on va indiquer doivent être cohérentes avec l’entreprise, le poste visé, le statut que l’on aura, la convention collective, etc. Autant d’éléments d’information qui se trouvent facilement sur Internet. Une petite recherche s’impose donc pour pouvoir proposer une fourchette de rémunération qui ne soit pas en décalage avec ce que sera amené à proposer et, ou accepter l’employeur !
 

La question de la rémunération doit cependant s’apprécier sur un ensemble d’éléments qui ne se limitent pas à la dernière ligne du bulletin de paye. Les conditions de travail (transport, travail à domicile possible), l’existence de « compléments de rémunérations » (chèques déjeuners, mutuelle d’entreprise, etc.), sont autant d’éléments sur lesquels il convient de se renseigner et qu’il faut intégrer dans son calcul.

 

Négocier une indemnité de stage
(Interview de M. JUBÉ, directeur du club d'entreprises ESCALADES - Prod. : Interfaces Compétences)

 

Par ailleurs, il convient aussi d’évaluer cette question au regard de l’intérêt que représente le poste pour lequel on postule. Est-ce un travail « purement alimentaire », est-ce une première expérience qui s’annonce précaire, est-ce un stage ou un premier poste très prometteur sur lequel je vais acquérir de nouvelles compétences, quelle place cette mission va-t-elle prendre dans la construction de mon projet professionnel, etc. ? Autant de situations qui peuvent changer la place relative de la question de la rémunération dans l’évaluation globale de l’intérêt d’un poste.
 

Enfin, il convient de bien faire entrer cette question dans l’entretien d’embauche. Cet entretien n’est pas une simple relation d’évaluation du candidat par le professionnel. Cela doit être une discussion, un échange. Le candidat aussi doit se donner les moyens de tester, d’évaluer, la mission proposée, le poste, l’employeur, etc . Et de l’intérieur de cette discussion, les termes de la coopération à construire sont ouverts à discussion aussi. Ainsi, par exemple, un jeune diplômé peut montrer des prétentions modestes pour les six premiers mois, mais proposer que soit validé le fait que si la période d’essai se passe bien et qu’il est lui-même toujours motivé pour son poste à l’issue de celle-ci, alors il y aura revalorisation de sa rémunération dans le cadre d’une fourchette définie lors du recrutement. Ainsi, c’est le parcours d’intégration qui peut être porteur d’une perspective de valorisation de la rémunération.